J’ai voulu écrire sur les conséquences de l’absence de communication dans la relation mère-fille et la place qu’occupe le corps en tant qu’enveloppe physique dans l’estime de soi.
1. Pourquoi ce titre ?
J’ai choisi “ Le Ventre” car il symbolise à lui tout seul, les thèmes essentiels du livre :
La grossesse, la mère, l’esthétisme, l’hyperphagie, les bouleversements hormonaux (l’adolescence)
Le ventre est le centre névralgique, centre de toutes les tensions du roman. CAUSE de tout, il est l’ACTEUR principal du roman.
Il représente aussi un double aspect dans le roman : objet de répulsion et d’attirance pour Lila. Lila déteste le ventre de sa mère puis le sien.
2. Construction
Le roman est construit sur « Comment elle s’est retrouvé enceinte » et sur les souvenirs de Lila, comment elle est devenue limite «malade ». C’est aussi la description d‘une famille issue d’un milieu modeste, sans père où domine la pudeur, les non-dits, dans une ambiance un peu irréelle.
L’écriture prend aussi la forme du non-dit : décrit, sans expliquer, laissant plutôt sous-entendre.
Ce n’est pas l’auteur qui ment mais l’héroïne qui trompe son monde. « Le ventre » est mis en valeur dès la première scène : celle d’une femme soit disant enceinte, une des fonctions du ventre dans toute sa splendeur : donner la vie.
3. L’ambiance
L’intrigue se déroule dans une banlieue, en HLM. Les décors et l’environnement sont ternes, un peu tristes. Mais l’héroïne magnifie son cadre de vie, le rend plus poétique afin d’éviter de tomber dans la sinistrose.
A cela j’aime certains romans japonais (Cf. La vigne des morts sur le col des dieux décharnés, Akiyuki, Nosaka) qui font passer des choses terribles, dramatiques, avec des mots “doux” dans un ton résolument poétique. Sans ce décalage de ton/forme et de fond, le roman aurait été plus banal. Le décalage permet de connaître l’univers clos et onirique de l’héroïne qui voit les choses d’une certaine façon pour échapper à son quotidien.